Sa véritable Histoire !

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L’histoire de ce chien est difficile à retranscrire et les informations hasardeuses parfois et controversées certainement. Pour ma part je n’aurais qu’un qualificatif qui me viendrait spontanément à l’esprit c’est : « rescapé »

Comment parler du bichon Havanais sans parler de l’histoire de l’île dont il est originaire.

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C’est le 28 octobre 1492 que Christophe Colomb aborde sur l’île qu’il nomma alors « Juana ». Plus tard Velasquez l’appela « Ferdinada » mais l’appellation de Cuba lui vient de ce que les indigènes de l’époque l’ont appelée ainsi.

Elle devint, sous le commandement de Velasquez, colonie espagnole en 1511.

Puis les guerres et les révolutions se succédèrent de 1660 jusqu’après les années 1800.

De révolte en conquêtes, de la domination Espagnole, elle fut convoitée par les corsaires, puis passa aux mains des anglais pour finalement revenir à la couronne d’Espagne en 1763. Tous ceci car elle se trouve sur la route des convois de richesses revenant du Mexique et du Pérou. Les cubains se révoltent contre l’Espagne en 1868 pour finalement obtenir leur indépendance en 1898.

Rapidement, prospère elle-même, elle est un centre de production de canne à sucre, de tabac et de transit pour le trafic d’esclaves noirs. La Révolte des autochtones de 1817 obligera par la suite les espagnols à ouvrir le port de San Cristobal (qui deviendra La Havane) au commerce extérieur. Depuis les premiers conquistadors jusqu’aux riches marchands qui abordent désormais sur l’île dans un but purement pacifiste, ces gens voyagent avec leurs chiens et surtout avec un petit chiens blanc à poils longs et soyeux. Ces petits chiens étaient-ils plus Maltais, Bolonais voir même frisés car ceux-ci fréquentaient déjà les cours Européennes ou bien encore de race complètement différente. Mystère !                                                                                

Un fait certain est que dès le XVe siècle, sur l’ile, on pouvait déjà rencontrer un chien autochtone du genre DOGO. Puis il fut introduit, à la faveur des voyages et des routes maritimes de l’époque un petit chien blanc à poil long et soyeux qui n’est autre que le bichon de Ténériffe. Fort répandu le long du bassin Méditerranéen les indigènes le nommaient « el Blanquito ». Précieux, ce petit chien l'est à plus d'un titre du fait de sa petite taille mais surtout en tant que chien de chasse ! Et bien oui, car il est bon nageur et son odorat développé le rend indispensable dans la chasse aux rats qui pouvaient occuper les cales des navires de l'époque. De plus, en étant une dame de la haute société, comment résister à sa si jolie robe douce et soyeuse ?

 

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Le décor est planté. Tous cela pour vous exposer, que dans un tel climat, difficile de devenir un vrai Havanais !!! On ne peut donc établir de preuves formelles quant à ces origines.

Depuis le début du XVIIe, les nobles, les marchands venus d’Europe, les corsaires de l’époque avaient besoins des faveurs des riches planteurs. Afin de parvenir plus facilement à leurs fins, ils offraient aux « señoras » de ces hommes fortunés, des cadeaux parmi lesquels figuraient ces fameux petits « chiens bijoux ». Cuba profita aussi de manière indirecte de la révolution Française. Car un grand nombre de planteurs Français venus de Saint-Domingue s’y transportèrent. Outre leurs capitaux ainsi que les plantations de café qui se créèrent, ils y introduisent aussi leurs chiens qui sembleraient être se fameux barbet de type caniche à couleur foncé. Il s’est vraisemblablement au fil des ans opéré avec ou sans le consentement de leurs maîtres certains mariages qui font que notre petit « Blanquito » n’est plus tout à fait le même. Mais on parle toujours de lui comme étant de couleur claire.

L’histoire est lancée. Cuba connait désormais une belle expansion économique. L’île devient un centre de commerce, de villégiature et culturel très important. Certaines nobles señoras ayant le goût des belles choses sélectionnent et élèvent une race de petits chiens de compagnie. Il porte alors le nom de « cubain blanc » on le désigne aussi par « caniche Maltais ». Mais les informations de l’époque sont encore bien vagues. Copiant ainsi les cours des nobles Européens, « el Blanquito Cubano », « Bichon havanéro » ou encore le « chien de soie de la Havane » connu ses heures de gloire sur l’île même qui lui a donné le jour. Coupé de tout apport extérieur, la race se précise et les caractères se fixent. Un petit animal se crée alors à la faveur des anciens apports. Notre petit chien vit en retrait des regards. Dans les cours intérieurs de ces riches demeures il ne sort généralement que pour les grandes occasions en compagnie de ces maîtres fortunés. Il ne touche pas le pavé car il voyage en calèche, posé là en « chien bijou » il est proposé aux regards et à l’admiration de tous.

 

On rapporte que parmi ces riches señora une personne nommée Catalina LAZA épouse d’un riche planteur baron de son état, se serait appliquée à commencer une sélection rigoureuse de ces chiens. Il n’a, à l’époque, jamais fait l’objet d’une quelconque commercialisation. Il a toujours été offert en guise de cadeaux précieux. Bien évidement, les moyens de sélections ne sont pas ceux connus de nos jours. Pas d’exposition ni de standard pour pouvoir établir « un type » de chien parfait. C’est donc d’après le propre goût de la personne que dépendait l’allure la taille et la couleur de ces chiens. Mais tous les rapports, les écrits divers ainsi que les correspondances de l’époque le décrivent comme un petit chien à poils longs et soyeux. Très intelligent, à l’écoute de ses maîtres, il a un caractère joyeux. Sa démarche est vive et fière, la tête haute, sa queue bien garnie de poils portée en panache est posée sur son dos comme on pourrait le faire d’une plume. Son corps légèrement plus long que haut est paré d’une fourrure abondante qui retombe en longues mèches ondulées. Ces yeux brillants et vifs sont cachés derrière une frange de cheveux.

Il nous est donné de voir aujourd’hui quelques spécimens à différentes périodes de leurs évolutions à travers les tableaux de maîtres tel que :

Ce portrait de Frédérico Gonzaga duc de Mantua. Daté de 1529 il est exposé au Musée Del Prado à MADRID.

 

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Difficile ici de ne pas y voir déjà une belle ébauche de Havanais !

 

Puis plus tard sur un tableau de l’artiste Cubain Vincente Escobar (1757-1834).

 

 

 

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L’histoire se fait maintenant un peu plus certaine :

 

Beaucoup vous dirons : "La révolution Cubaine de 1959 voit sa pratique disparition de sur l'île" (CE QUI EST TOTALEMENT FAUT !) Ce dont on est certain, c’est que seulement trois familles (BARBA, FATASIO et PEREZ) arrivent à quitter l’île avec 11 chiens pour rejoindre le continent Américain. Ces familles ont travaillé seules cette race en Floride ainsi qu’au Costa Rica.

A partir de là en 1963 la FCI reconnait la race à la demande des éleveurs Américains et un standard officiel est établi.

En 1979 le Havanese Club of America est fondé puis en 1996 la race est officiellement reconnue par le AKC (Américan Kennel Club)en Amérique. C’est en 1996 que les Bichons Havanais font leurs débuts sur les rings d’expositions Américains. Mais ce n’est guère qu’en 2000 avec la présence de Starkette Cookies Cream que les Havanais rentrent à part entière dans la classe 9 des chiens de Compagnie Américains.  

 Outre cela, un programme "de haute selection" est entrepris sur l’île de Cuba. L’année 1987 voit la création sur l’île de Cuba du Club Cubano Del Bichon Habanero. Une quinzaine de bichons Havanais seront sélectionnés pour commencer cette délicate mission. La première exportation d’origine purement Cubaine se fera en 1997. Ce petit bijou quittera l’île qui l’a vu naître pour rejoindre un éleveur des Pays-Bas.

Dans le courant des années 80 (sans qu'ils soient de pure lignée Cubaine) la Hollande, la Belgique, l’Allemagne, l'Angleterre, la France, la Suisse, l'Espagne, L'argentine et le Mexique voient arriver ce charmant petit chien mais ce n’est guère qu’en 2006 que l’on peut vraiment commencer à le rencontrer en France. La France est d’ailleurs un pays qui reconnaitra fort tard les couleurs foncées tel que le noir et le chocolat. La couleur dominante était alors le fauve et ses déclinaisons.

 

 

Pour en finir avec toutes polémiques !

 

Je suis depuis plus d'un an maintenant, en relations directes avec l’actuel Président du Club Cubano del Bichon Havanero à CUBA. Le Docteur Évelio Fernandez est également juge International et lui-même producteur de Bichons Havanais. Celui-ci m’autorise aimablement à publier de manière condensée une partie de ses travaux de recherches sur cette race ainsi qu’une partie de notre échange de correspondance à tous les deux.

En 1944 le Dr A . REIRA Adoher publie déjà une description très détaillée de notre petit compagnon : ( * je le site, la taille est celle de l'époque, le standard actuel ne reconnait pas les 30 cm !)

   -  "L’un des résultats de mélange avec le maltais, c’est que dans les catalogues des chiens de compagnie, est maintenu chez les producteurs de cannes à sucre, l’un d’eux est appelé "Blanquito de la Havane" . Ce chien, comme vous pouvez le voir sur l’illustration, est connu à CUBA. Ils sont plus grands que les Maltais et pèsent 4-10 livres, il est admis 25-30 cm de hauteur au garrot. 

 

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 Ils sont lumineux et intelligents, extrêmement affectueux avec leurs propriétaires. Ils sont très apprécier comme chiens de compagnie et très utiles à la maison car ils avertissent de n’importe quel étranger et chasse les rats et les insectes domestiques. On appelle simplement ce dernier "Havanero". Il a un pelage très soyeux et ondulé avec des cheveux bouclés qui donne l’apparence d'un briard miniature. La couleur est habituellement blanche, brune ou marron. Il présente souvent des taches assez grandes brunes, ou gris-noir sur les oreilles et les flancs. La taille est généralement plus élevée que le Maltais…

 

* J’aimerai ouvrir, à titre personnel, une petite parenthèse concernant l’illustration ci-dessus.

Ainsi qu’il est facile de le voir la scène se situe sur l’ile de Cuba et représente une calèche dans laquelle se tient un homme, riche planteur de son état, accompagné par un havanais à la tendre posture.

Il était très en vogue à l’époque, de les proposer aux regards, certainement très envieux, de la population locale lors des grandes manifestations. Ce riche planteur, quant à lui, a souhaité faire immortaliser la scène par ce cliché.

Imaginez l’impact que pouvait avoir, pour lui, cette carte de visite. Ces chiens qui, à cette époque, ne faisaient pas l’objet d’un quelconque commerce. S’il en possédait ne serait-ce qu’un exemplaire, il lui avait certainement été offert.

Ce sont des chiens qui ont toujours appartenus à la gent élitique, ils étaient maintenus à l’intérieur des hauts murs des cours. Ces chiens n’étant pas particulièrement bruyant mais plutôt des chiens d’alarme, il est, dans ce contexte, d’autant plus facile de croire à sa disparition.  

 

Ensuite le Dr Fernandez m’écrit à propos du "sauvetage" de la race sur le continent Américain :

 

     - "Pensez-vous honnêtement que le nombre de 11 chiens soit suffisant et permettre un quelconque sauvetage d’une race telle qu’elle soit ?"

 

 Preuves peuvent être fournies que  les éleveurs CUBAINS  ont exporté vers le continent Américain des chiens qui ont permis de sauver les lignées Américaines. Cela à été fait car les lignées Américaines présentaient des chiens sourds, aveugles, des aberrations morphologiques…

Le Bichon havanais n’a JAMAIS disparu de son île d’origine et heureusement pour les amateurs que nous sommes. Il ne faut pas oublier la révolution CUBAINE de 1959. Ceci a eu pour effet de "couper" l’île de la scène internationale et l’a maintenue dans un profond silence.

 

Il me dit encore : (je recopie très fidèlement ses écrits)

     - "J’ai l’immense fierté d’être le premier Juge International Cubain à avoir jugé dans un Championnat du monde, où, en plus, également pour la première fois dans l’histoire, ont été exposés des havanais, issus de lignées authentiquement Cubaines. De cette compétition est venu le premier Champion du Monde Cubano  "Ambre Sirius". C’était bien la première fois que tant de cosmétiques et de laque ont permis de faire remporter le type et la morphologie du vrai Havanais. Nous avons l’assurance que tous les juges, qui, après avoir officié à cette exposition en avaient une idée très claire. Ce fut très enrichissant pour tous ! "

 

 * Actuellement le Docteur Évelio Fernandez et les éleveurs locaux se battent depuis plusieurs années avec les organismes internationaux pour faire en sorte qu'enfin le standard de la Race puisse appartenir à CUBA. Je lui souhaite très sincèrement réussite dans le but qu'il s'est fixé et le remercie du fond du coeur de la fidèle amitié qu'il me témoigne. 

 

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 Plus récemment notre ami le havanais a été mis à l'honneur à l'autre bout de la planète sur un  support on ne peu plus communicatif ! En effet la Russie n'est pas en reste pour apprécier les qualités de sociabilité de notre petit compagnon. Quel merveilleux messager.

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